Bon, pour ceux ayant quelques années de retard (oui, admettons qu'il y en ait !), je vais vous expliquer ce qu'est donc ce jeu. Stalker est un jeu hybride, qui mêle plusieurs genres. Imaginez un FPS, à la sauce RPG, sans un univers post-apocalyptique, le croisement d'Half-Life, Morrowind et Fallout. Oui, rien que ça !! On peut dire qu'il y'a de quoi faire saliver ;) L'histoire se déroule après la deuxième explosion de Chernobyl, qui aura été fatale. Vous vous situez autour du périmètre de l'usine, de manière totalement libre (40km² de territoires en Ukraine), où les lois de la physique ont été mises à bas. Vous serez donc entouré de Stalkers (avec lesquels il faudra vous lier si vous voulez survivre), encerclé par les militaires (chargés de maintenir le périmètre sécurisé et de veiller à ce que personne ne le quitte) et d'autres monstres issus des accidents nucléaires... Votre unique mot sera donc : survivre.

On commence par chercher des missions un peu partout...

Votre nom est Le Tatoué, à défaut de vous en rappeler. Vous avez été trouvé dans un Corbillard, un camion qui redescend les cadavres de l'usine. Dans votre PDA figure une seule information : tuez Strelok. Qui est-il ? Nous n'en savons strictement rien pour l'instant. Il faut plutôt se lier d'amitié avec les autres Stalkers présents dans le coin, qui vont vite nous refiler quelques missions pour gagner leur confiance... La première que j'aurai sera de trouver un individu -mort ou vif-, et de ramener sa clé. On avance donc, peur au ventre, à travers cet univers hostile... Dans les mains, un couteau et un pistolet automatique... Mais les munitions se comptent, et se font chères chez les marchands. Le ciel reste éclairé, mais inquietant. J'avance, j'entends un helicoptère Hind passer au dessus de moi. Juste le temps de me cacher derrière un buisson. Et là, je vois un homme blessé, qui demande de l'aide. Je lui donne la trousse de soin qu'il y avait à côté de lui, et en échange il m'informe sur l'homme que je dois trouver. Il a été enlevé par des rebelles dans un parking abandonné. J'y vais, toujours avec prudence... Après quelques minutes de marche, je rencontre 3 Stalkers s'aprêtant à attaquer ce parking. Je me joins à eux, bien qu'ils soient méfiants, presque méprisants. Je prends mon pistolet, je le charge, et nous avançons... On se met en place. Il y aura 8 ennemies à neutraliser. J'avance, premier homme en vue, je tire. Aucun effet. Lui, m'a blessé. Je saigne. Juste le temps de me cacher derrière un mur et de me panser la plaie. Il me faudra faire attention désormais. J'entends des coups de feu au loin. Un de mes camarades est mort. J'avance, la peur au ventre. Il faut faire attention. Chaque balle peut être fatale, si elle est bien placée. De même qu'il est difficile d'abattre quelqu'un à distance : il faudra donc bien viser, en tenant compte de la distance qui nous sépare. Après plusieurs minutes de combat, le parking est nettoyé. Deux Stalkers auront péris. Je vais libérer l'otage, et récupérer sa clé USB. La première mission est donc achevée, et le ton du jeu est clairement mis en place : il faudra vendre chèrement votre peau.

Un seul mot d'ordre : survivre !

Nous sommes donc très loin des Counter-Strike où les headshots à 500m sont possibles, tout en faisant le marsupilami. La ballistique a été grandement respectée, apportant un plus grand réalisme au jeu. Il est très difficile donc (voire impossible avec un simple pistolet) d'abattre un ennemi à distance sans concentration. De même, votre vie est limitée. Quelques balles suffisent pour vous achever (voire un à bout portant). On est donc très proche d'un gameplay à la Rogue Spear. De même, là où dans les FPS classiques, vous enchainez les ennemis de façon totalement irréelles, chaque ennemi tué dans S.T.A.L.K.E.R. est un exploit en soi-même. Ou presque. Pas de héros. Juste vous.

Le sosie de Freddie Mercury, qui nous demande de l'aider à protéger son secteur

L'univers est clairement très flippant, sans approcher celui d'un Doom cependant. Les séquences dans les sous-terrains sont vraiment très réussies, surtout grâce à nos lampes torches. On s'y croirait presque. Mais là où le jeu est clairement fort, c'est pour la modélisation de La Zone, complètement bluffante. On se promène donc dans des usines désaffectées, des ponts détruits, on rencontre des voitures brûlées, tout en passant par des villes fantômes. Le tout de manière totalement crédible. On ne pourra pas reprocher à S.T.A.L.K.E.R. d'être un jeu sans âme !

Promenons-nous dans les bois... pendant que le loup n'y est pas...

On avance donc de la manière que l'on veut, ou presque. Si l'on veut découvrir tout de suite le mystère Strelok, libre à nous de foncer sur ces missions. Sinon, nous pouvons faire les autres, pour par exemple, se faire apprécier d'une faction. A la manière d'un RPG classique, on les sélectionne, pour les faire dans l'ordre que l'on veut. Les récompenses varient quant à elles, bien que ce soit souvent de l'argent, ou des équipements. L'univers est très vivant, et pas du tout statique. On ne manquera pas de voir par moments une personne se faire attaquer dans la nature, de manière totalement non-scriptée. S'il meure, et qu'une mission dépendait de lui, elle ne sera donc plus terminable. Mais ceci étant aléatoire, on ne sait donc rien de ce qu'il va se passer. Un peu comme dans la vraie vie, au final... Le plus fun étant quand même de voir ses ennemis se faire bouffer par une meute de chiens, et de les regarder faire :-) Une petite pensée pour les alcoolos du coin : vous pourrez aussi vous pinter la gueule à la vodka dans le jeu (pour un jeu russe, il aurait été un combe de ne pas en mettre !), mais n'essayez même plus viser correctement après :-) Les

Une ville fantôme... un peu lugubre, non ?

Il est quand même vrai que le jeu montre son âge par moments. Certaines textures sont un peu vieilles. L'ajout de l'éclairage dynamique est par contre totalement sublime, mais très gourmand et peut clairement faire chuter votre framerate même sur les machines les plus performantes. Pour ma part, malgré ma configuration relativement modeste (AMD Athlon 2800+, 1go de RAM DDR, nVidia 6600), le jeu tourne correctement en 1182x864 en détails moyen, avec un framerate de 40 en extérieur, et de 25 en intérieur (normal, les éclairages pompent beaucoup de ressources !). Vraiment très correct, si l'on reste en éclairage statique, bien sûr !

Visuellement, c'est tout de même vachement beau... mais gourmand !

Je n'ai pas trop testé le mode multijoueur par contre. Ca laguait pas mal, et je préférais avancer dans le jeu solo. Mais à ce niveau-là, il ne faut pas s'attendre à quelque chose d'extraordinaire. C'est du bon classique. Du deathmatch, des captures de drapeaux, le tout sur les maps du jeu solo. Ca ressemble beaucoup à du Call of Duty dans le principe, je trouve. Ca demande à être testé en LAN en tout cas, même si j'ai l'impression que les maps sont quand même un peu grandes... Ca va sentir le camping, ça !

Notre PDA, qui contiendra toutes nos informations

Mais le jeu souffre quand même de défauts, il faut le reconnaître. La difficulté est vraiment corsée, un peu trop même par moments. Certaines missions sont aussi un peu bugguées, et le jeu souffre de certains plantages par moments (du moins, chez les autres. Chez moi, RAS). Mais le plus chiant est sûrement le système de respawn, vraiment inachevé... Quoi de plus frustrant que de débarasser une zone de ses ennemis et de les voir réaparaître au bout de 20min ? Surtout quand ceux-ci s'en prennent à des PNJs importants ! La prise en main n'est pas non plus des plus aisées : navigation dans le menu (PDA) fastidieuse, affichage de la carte mal pensée, affichages des quêtes bordéliques,... Quant à l'argent, à la fin, on en a beaucoup, mais vraiment beaucoup trop à ne plus savoir quoi faire ! Là où j'attend maintenant les développeurs, c'est au niveau des patchs, car il faut reconnaître que le jeu en a bien besoin. Mais avec tout le travail acharné qu'ils ont effectué, cela ne fait aucun doute ! D'autant que le SDK sera normallement mis en ligne le mois prochain. De quoi voir apparaître de nombreux mods !

Une planque de Stalkers...

Il faut avouer que nous avons affaire à un grand jeu, à un très grand jeu. Même si certaines idées ont été abandonnées (pilotages des véhicules, modification des armes), il faut admettre que ce qui a été fait est vraiment terrible. Graphiquement, il tient toujours très bien la route, même si la prise en main aurait dû être davantage travaillée. La durée de vie est assez grande (7 fins différentes !), et l'IA des ennemies vraiment bien travaillée ! Si le jeu aurait été sorti il y a quelques années, comme prévu, il aurait indiscutablement révolutionné le genre, et poussé au rang de jeu culte. Mais il échappe de peu à tous ces superlatifs à cause de ces (quelques) défauts assez rébarbatifs, et devra se contenter du statut d'excellent jeu, voire de putain de jeu, qui renouvelle un genre se répétant trop depuis des années... Le côté FPS n'est pas des plus nerveux et efficace (on est loin d'un F.E.A.R.), le côté RPG n'est pas non plus des plus originaux, voire même très basique... Mais c'est cette alliance des deux qui rend ce jeu si passionnant. Mais qu'importe, S.T.A.L.K.E.R. est plus qu'un jeu, c'est une expérience à vivre. On aime ou l'on n'aime pas, mais on en ressort pas indifférent...

9/10

Test également diffusé sur le site du Gamer 666.