Boulevard de la Mort :

C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce trio infernal, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant...


Le constat est plutôt clair et confirme ce que je pensais depuis déjà quelques temps. Tarantino est mort après Pulp Fiction. Sa mentalité "je suis le plus grand cinéphile du monde" avec ses "je vais vous faire découvrir le cinéma" commence à sérieusement gonfler. Il nous décrit son film comme un slasher ? On doit vraiment pas avoir la même définition. Son hommage au cinéma bis des 70' ? Vraiment superficiel. Quoiqu'il en soit, attendre 45 minutes pour voir le premier meurtre, c'est très moyen moyen. Enfin vient l'action, ça tabasse avec un Kurt Russel énorme. Et là on retombe dans 40 minutes de blabla, pour finir sur une séquence à la Duel, séquence très impressionante au passage. Mais bon, attendre 1h30 pour voir ça est tout de même abusé.


On sait que Tarantino aime écrire, il aime les dialogues et les mettre en avant (Reservoir Dogs, Pulp Fiction), mais là, la sauce ne prend plus. Il tourne en rond, et abuse même à ce niveau-là. Ecouter des ragôts de nana pendant la majorité du film est clairement soporiphique. Tarantino traîne. Pire, il s'admire presque filmer...


Les deux films ont été séparés dans les pays non anglophone. La conséquence a été que ça a permis à Tarantino de rallonger son film, de lui rajouter de nouvelles scènes. Dans sa version charcutée (dixit l'auteur), sortie aux USA, le film doit être mieux et se rapprocher plus du thème de "film d'exploitation", l'idée d'origine rappelons-le... Mais là, dans sa version coupée en deux, non seulement il a tiré la vedette à Rodriguez (pas très fairplay sur ce coup-là, Monsieur !), mais en plus, son film ne tient plus la route et s'éloigne vers un film personnel.




Planète Terreur :

Dans une petite ville, William et Dakota Block, un couple de médecins, constatent que leurs patients sont soudain frappés par la gangrène et affectés par un regard vide et inquiétant... De son côté, Cherry, go-go danseuse, s'est fait arracher la jambe lors d'une attaque. Wray, son ex-petit copain, veille sur elle. Mais Cherry a beau être au plus mal, elle n'a pas dit son dernier mot. Tandis que les malades se multiplient et deviennent des agresseurs enragés, Cherry et Wray prennent la tête d'une armée destinée à empêcher l'épidémie de se propager. Si des millions d'individus sont contaminés et beaucoup succombent, une poignée d'entre eux se battront jusqu'au bout pour se réfugier dans un lieu sûr...


On sait le père Rodriguez bien moins doué que son frère (hum, Desperados 2, quand même !), mais bizarrement, ce profil correspondait bien mieux au but cherché. Planète Terreur s'annonce clairement différent du premier film. Ca commence très fort, puisqu'on rentre tout de suite dans l'action. Tout va à un rythme frôlant le n'importe quoi, les actions s'enchaînent, toutes plus dégueulasses les unes que les autres. On croit que ça va se calmer, mais ça ne s'arrête jamais, pour notre plus grand plaisir.


C'est fandard, trash, crade, court, rapide, gratuit, charcuté. Le film est parcouru par un grain de folie où tout est permis. Du vrais bis, quoi ! Et c'est là la différence avec Boulevard de la Mort. Là où le père Tarantino nous livre un film ultra sérieux, mais trop prétentieux et beaucoup trop chiant, Rodiguez ici se lâche et s'éclate totalement. Et ça passe vraiment pas trop mal à regarder en plus.


A noter aussi les fausses bandes-annonces au milieu du film, complètement déjantées. Rien que les Femmes Loup-Garous des SS pose le ton. Quant à Machete, ça vaut carrément le détour (souvenez-vous, le grand méchant dans Desperados ? Ben il est de retour !). C'est même vraiment dommage que ce soit ces faux trailers se révèlent meilleures que les deux films du concept...

Boulevard de la Mort : Tarantino aime se regarder filmer ? Moi, non. 2/6
Planet Terror : Le seul vrai GrindHouse du lot. Drôle, bancal, bordélique et sincère ! 4/6